Depuis le Paraguay, les nouvelles 2007 de la Famille Olgiati.
Chers
Amis,
Comme vous le savez déjà sans doutes, 2007 a fini très mal pour nous, car Margaret nous a quitté à la fin de Novembre.
Affaiblie par une chimiothérapie qu'elle avait suivi la semaine d'avant, elle n'a pas pu surmonter une infection qui a résisté aux antibiotiques, et qui l'a emporté en quatre jours. Elle est morte paisiblement dans son sommeil, à l'aube du 23 Novembre, juste deux semaines avant notre 23ème anniversaire de mariage. L'enterrement a eu lieu le jour suivant (pays tropical) et elle repose maintenant dans cette terre Paraguayenne qu'elle aimait tant.
Ce
coup imprévu nous a assommé, et la venue de Barbara, la
soeur de Margaret, nous a beaucoup aidé; elle a passé
trois semaines avec nous, et sa présence a été
un grand réconfort dans un moment pénible.
Thomas est maintenant en route pour l'Angleterre où ses vacances d'été dans la famille de Margaret étaient prévues de longue date.
Quand j'ai proposé à Elizabeth d'aller avec lui, elle a réfléchi un instant, avant de répondre: "Non, tu ne peus pas rester tout seul, je reste avec toi" donc nous irons au Brésil passer la semaine à la plage que Margaret avait déjà organisé pour nous trois.
Les travaux de la maison sont presque achevés, il ne manque plus que de poser les tomettes dans les galeries, et de finir le plancher du balcon.
Tout
devrait être fini pour le 23 Avril, date pour laquelle Margaret
avait commencé d'organiser une petite fête de pendaison
de crémaillère, qui devait coïncider avec son
anniversaire, et
nos
dix ans dans cette maison.
La fête aura lieu malgré tout, en souvenir d'elle, avec l'aide de l'Association des Dames Françaises, dont elle avait été élue Secrétaire, et de l'Union des Français de l'Etranger.
Le reste de la famille se porte bien, les enfants se préparent fébrilement pour les grandes vacances, avant de reprendre l'école en Février; Thomas va entrer dans in collège technique, et Elizabeth en Septimo Grado (troisième année avant le baccalauréat) et nous espérons que nous pourrons nous habituer au grand vide qu'a laissé le départ de Margaret.
Que Dieu vous garde.
Renaud, Thomas et Elizabeth.
Asunción, Noël 2007
Post scriptum: Le lendemain de l'enterrement de Margaret, alors que je cherchais dans son sac à main un chèque appartenant au British Community Council, j'y ai trouvé un papier avec le texte en Espagnol d'un poème Anglais; je ne sais d'où elle le tenait, ni pourquoi elle l'avait gardé, mais ce texte m'a beaucoup touché; voici une traduction que j'ai faite de l'original en Anglais:
C'est quoi, la Mort ?
La
Mort, ce n'est rien du tout.
Je suis seulement passée discrètement dans la pièce
à côté;
Je suis moi, et tu es toi,
Tout ce que nous étions l'un pour l'autre,
Nous
le sommes toujours.
Appelles
moi comme tu l'as toujours fait,
Parles
moi sur ce même ton familier dont tu usais toujours,
Ne
changes pas l'intonation de ta voix,
N'affectes
pas un masque triste ou solennel,
Ris,
comme tu as toujours ri,
De
ces petites plaisanteries qui nous faisaient toujours rire ensemble.
Joues,
souris, penses à moi, pries pour moi,
Que
comme avant, mon nom revienne souvent dans tes conversations;
Qu'il
soit prononcé sans effort,
Sans
qu'il assombrisse l'atmosphère.
La
vie garde le même sens qu'elle a toujours eu,
Et
reste ce qu'elle a toujours été
Avec
une continuité absolument sans faille;
Qu'est
ce que la mort, sinon un accident négligeable ?
Dois-je
être oubliée
Parce
qu'on ne me voit plus ?
Je
t'attends, le temps d'un entre-acte
Quelque
part tout près,
Tout
près où tu ne me vois pas.
Tout
est bien,
Rien
n'a passé, rien n'est perdu;
Un
court instant et tout sera comme avant.
Et
comme nous allons rire de tout çà,
Quand
nous serons de nouveau ensemble !
Chanoine
Henry Scott-Holland, 1847-1918,
Chanoine
de la Cathédrale St Paul de Londres
Traduction © Renaud OLGIATI 2007